Dracula

Les maîtresses de Dracula

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Réalisé par Terence Fisher (1960). Toutes les informations sur ce film sur imdb

Quelle galerie de portraits extraordinaire qui scelle l’excellente distribution de ce film dans cette affiche belge particulièrement gracieuse et diabolique !

Bien que cette affiche soit non signée, comme cela était traditionnellement dans ce pays à cette époque, la composition de l’affichiste se révèle particulièrement riche et efficace par rapport aux objectifs promotionnels de l’objet. La thématique de la farandole des personnages est traitée dans l’esprit des visuels utilisés par d’autres pays comme l’affiche ou bien encore l’affichette françaises.

La finesse des détails ciselés dans le dessin en particulier au niveau des visages, apporte une ambiance singulière et inquiétante, mêlée de fascination et peur. Les différents regards sont très expressifs et individualisent de manière réaliste les attitudes des personnages. On peut noter deux expressions habilement évoquées qui se détachent de la composition :

  • celle de David Peel à gauche qui ne regarde pas le spectateur, mais semble fixer vers le bas un cou féminin dénudé qui va connaître dans peu de temps, il va s’en dire, la morsure des canines ensanglantées du vampire
  • celle de Peter Cushing en haut à droite qui de son regard perçant interroge le lointain sur un espoir face au terrible fléau auquel il est confronté

A l’arrière plan, le point de fuite est matérialisé par l’antre du monstre, le château maléfique dont le chemin est parsemé de créatures aussi attirantes que maléfiques et qui est survolé par les chauves-souris emblématiques du genre. Parmi ces beautés, on peut citer les actrices charnelles Yvonne Monlaur, Andrée Melly et Marie Devereux, Greta (Freda Jackson) et la baronne Meinster (Martita Hunt) accompagnées des acteurs familiers des productions Hammer : Miles Malleson et Michael Ripper.

Le cauchemar de Dracula

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Réalisé par Terence Fisher (1958). Toutes les informations sur ce film sur imdb

L’affiche belge d’origine du Cauchemar de Dracula est une excellente illustration (non signée) du film mythique de la Hammer.

En effet, la première richesse de cette affiche réside dans l’éclat vif de ses couleurs. La palette des coloris utilisés, apporte une ambiance dynamique et extravagante qui sous-tend les excès et les horreurs que vont infliger ou subir les personnages impliqués dans cette extraordinaire histoire. Pour illustrer une des symboliques fortes représentée dans cette affiche, il suffit de s’attarder sur l’utilisation du rouge :

  • dans le titre sous forme de police de caractères qui perle en gouttelettes de sang
  • sur les pommettes de Jonathan, interprété par John Van Eyssen, comme pour opposer ce signe de vigueur et de bonne santé du personnage avec l’univers morbide qui l’entoure
  • sur les lèvres de la femme vampire, jouée par Valerie Gaunt, étendue dans le cercueil au premier plan et représentée dans la scène de mise à mort éternelle
  • certains reflets à l’intérieur du cercueil sont rouges et symbolisent l’omniprésence du fluide vital jusque dans la demeure de la mort
  • enfin sur les lèvres de Dracula représenté sous sa forme bestiale indéfinie, qui n’apparait d’ailleurs pas un seul instant dans le film sous cette apparence

Outre les canines et la cape du prince des ténèbres, les autres symboles forts qui suscitent l’association immédiate dans l’esprit du spectateur de ce film avec le mythique personnage Dracula, sont représentés dans différents plans comme le marteau et le pieu dans la première scène, les chauves-souris dans le ciel et le terrifiant château du comte en plein milieu de la composition, rappelant la place centrale de l’antre du mal dans le récit.

Cette représentation de Dracula ne permet pas de reconnaitre le grand acteur Christopher Lee mais cite l’immense Peter Cushing, qui s’ajoute à la distribution composée notamment de Michael Gough et Melissa Stribling, de ce film classique du cinéma fantastique.

Le cauchemar de Dracula

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Réalisé par Terence Fisher (1958). Toutes les informations sur ce film sur imdb

L’affiche mexicaine du cauchemar de Dracula, non signée, est intitulée tout simplement en espagnol, Dracula.

Le format panoramique de cette affiche permet d’incorporer une photo d’exploitation en noir et blanc du film dans la partie gauche, encadrée et numérotée 6820. Il y a fort à parier que cette affiche doit avoir autant de visuels que de photos d’exploitation du tournage disponibles pour la promotion du film. La photo serait ainsi le seul élément variable de la composition pour les différentes versions.

Le reste de l’espace de l’affiche est occupé par des dessins et les crédits manuscrits du film. Dans la partie supérieure, le titre écrit en police dégoulinante rouge sang, occupe la majorité de la ligne et attire l’attention du spectateur. La pénombre présente à gauche permet de placer une phrase d’accroche en blanc sur fond noir. La zone blanche qui constitue le fond du titre, permet aussi de faire se détacher graphiquement une autre accroche textuelle en haut à droite ainsi que les chauves-souris traditionnelles de l’univers, qui volent de façon impérieuse et inquiétante dans le ciel, en direction du spectateur.

Le prince des ténèbres est bien évidemment à droite, représenté symboliquement avec des yeux en amande bien trop grands par rapport aux petites pupilles pour être innocents et des canines bien trop longues pour être inoffensives. Derrière lui se dresse sous la pâle lueur lunaire, son terrifiant château, repère du mal absolu, dont on aperçoit les imposantes tours de défense.

Enfin la jeune femme bientôt victime si rien est fait rapidement 😉 , est étendue sur le sol en bas à droite, dessinée en noir et blanc à partir de la même source qui est représentée en couleur dans l’affichette française. A sa droite, est citée la distribution du film dont Peter Cushing, Christopher Lee, Michael Gough et Melissa Stribling, ainsi que le scénariste Jimmy Sangster et la référence au roman éponyme de l’écrivain Bram Stoker.

Dracula

Réalisé par Francis Ford Coppola (1992). Toutes les informations sur ce film sur imdb

Pour une des adaptations les plus fidèles du roman de Bram Stoker, l’affiche de Dracula est un montage photo non signé qui donne la part belle au monde minéral,  inspirant de nature l’immobilisme, le froid et la mort.

En effet, sur un fond de pierre, une statue de tête de monstre à la gueule ouverte pleine de dents acérées, regarde méchamment en direction du visiteur. De chaque côté, deux têtes de loups sont sculptées de profil et donnent le ton médiéval du film.

Le titre est fait d’une écriture ancienne, exécutée à la plume avec une encre de sang rouge vif dont l’extrémité des traits se terminent par des gouttelettes très évocatrices. Le sous-titre est placé en haut, dans une typographie d’imprimerie de la même couleur que le titre et souligne l’ambiance romantique de l’époque victorienne de ce film brillant avec :

  • Gary Oldman
  • Winona Ryder
  • Anthony Hopkins
  • Keanu Reeves
  • Tom Waits

La fille de Dracula

Réalisé par Jesús Franco (1972). Toutes les informations sur ce film sur imdb

Cette affichette non signée est un montage photo noir et blanc, qui met en scène une jeune femme effrayée par une menace tapie derrière la caméra, à la place du spectateur.

La mise au point est faite sur le visage de l’actrice et le reste de l’image, dont son cou, est plus flou. La couleur rouge apporte une dynamique à la composition en donnant du relief à cette photo. Le rouge sang est présent deux fois :

  • la première fois, en bandeau de fond du titre en bas
  • la seconde fois, par le sang s’échappant du cou de la protagoniste

Pour cette production modeste, la présence du nom Dracula représente un gage de célébrité et attire le spectateur autour d’un thème classique du genre. Cela suffira-t-il au public pour se précipiter avidement dans les salles pour suivre cette histoire interprétée par Howard Vernon, Britt Nichols, Anne Libert et Albert Dalbes ?

Les cicatrices de Dracula

Réalisé par Roy Ward Baker (1970). Toutes les informations sur ce film sur imdb

Cette affichette non signée est tout aussi originale par sa composition que par ses couleurs et le style de son dessin.

En effet, quand on regarde attentivement sa composition, on remarque l’agencement très précis de tous ses éléments qui concourent à occuper une place maximale, sans aller jusqu’à la surcharge.

Le visage de Dracula au premier plan à droite, est étonnamment peint avec un jaune vif. Les contours de ce dessin sont en noir et permettent aux vaisseaux sanguins des yeux et aux gouttes de sang autour de la bouche du prince des ténèbres, de ressortir crûment par  contraste de couleurs.

Un poignard occupe la diagonale libre à gauche et se place en avant-plan par rapport aux trois autres personnages. Les deux premiers sont un couple dont l’intimité de leur lit est menacée par cette place centrale trop exposée et … par l’appétence manifestement assouvie de la demoiselle pour les morsures profondes dans le cou à l’aide de ses canines très professionnelles 😉

En arrière plan enfin, une jeune femme est en train de subir les assauts gloutons de chauves-souris, mâles évidemment 😉 , qui partagent les goûts de la délicieuse créature à l’appétit féroce du second plan. Les petites quenottes de ces chiroptères se repaissent des protubérances mammaires bien rebondies de la dite personne du fond, aussi affreusement effrayée que délicatement dévêtue.

Il est à noter l’hétérogénéité des polices des caractères utilisées qui se limitent pourtant à trois informations uniquement :

  • le titre du film en rouge sang, cerclé de jaune
  • la mention pédagogique « il revient » écrite en blanc pour bien préciser que Dracula est de retour et que ça va faire mal aux globules 😉
  • le nom mythique de l’acteur emblématique du rôle, Christopher Lee, peint en blanc sur une planche en bois 🙂 qui n’a hélas pas pu sauver cet épisode, reconnu plus faible, dans la série des Dracula de la Hammer

On pourra quand même citer les autres acteurs et actrices qui ont servi cet opus du Prince de la Nuit : Dennis Waterman, Jenny Hanley, Michael Gwynn, Christopher Matthews et Michael Ripper.

Dracula, prince des ténèbres

Réalisé par Terence Fisher (1966). Toutes les informations sur ce film sur imdb

L’affichette non signée de ce classique de la série Dracula Hammer reprend la scène d’exécution de la vampire par les moines du grand format d’affiche.

En arrière plan, le duo des héros se détache sur un ciel chaotique multicolore quasi psychédélique autour d’un arbre torturé.

Au premier plan, Dracula en cape noire, tend la main de façon menaçante vers le spectateur. Son visage est déformé par la mimique aux canines saillantes et aux yeux incisifs.

Le titre en rose pourpre vif, est mis en valeur par le fond obscur de la cape, qui voit ces contours accentués par la lumière jaune du ciel à droite et la même couleur rose que le titre à gauche.

Le casting comptant Christopher Lee, Barbara Shelley et Andrew Keir est listé avec une police blanche plus sobre, toujours avec comme fond la cape noire.

Dracula 72

Réalisé par Alan Gibson (1972). Toutes les informations sur ce film sur imdb

Le dernier Dracula de la Hammer avec le duo mythique de la célèbre firme anglaise, Christopher Lee et Peter Cushing, se met à l’heure des seventies et donne des visuels d’affiches très ancrés dans cette époque, comme pour ce visuel italien. Dessinée par Casaro, l’affiche se compose d’une photo de groupe de rock hippie et d’un dessin très coloré avec le visage assoiffé de sang du célèbre prince des ténèbres.

L’ambiance de la composition et les couleurs vives traduisent les thèmes traditionnels du film de vampire. Du sang bien sûr, l’érotisme des corps féminins dénudés et des canines affûtées du vampire prêt à déchaîner toute sa violence sur une honnête victime passant par là.

Les autres acteurs et surtout actrices du film : Caroline Munro, Stephanie Beacham, Michael Kitchen et Christopher Neame ont intérêt à rester sur leurs gardes !

Dracula est de retour … en 1972 😉

Le cauchemar de Dracula

Réalisé par Terence Fisher (1958). Toutes les informations sur ce film sur imdb

La 600ème affiche mérite une oeuvre d’art exceptionnelle et c’est publication faite, avec celle qui est appelée très respectueusement : Le Cauchemar.

La renommée de ce visuel dépasse les frontières de la France et ce titre est bien plus envié, rêvé et fantasmé que collectionné réellement tant il est difficile à se le procurer. Cette représentation du prince des ténèbres est si emblématique d’une vision collective,  qu’elle a servi de couverture à de nombreux livres dont l’excellent livre Dans les griffes de la Hammer ou bien à l’affiche de la  rétrospective des films de la firme anglaise au musée d’Orsay en 2011.

A partir de cette aura dégagée par cette icône des collectionneurs d’affiches de cinéma fantastique à travers le monde, comment puis-je construire cette article ?

La réponse la plus évidente et aussi la plus simple, est de vous inviter à vous laisser séduire naturellement par son charme enivrant.

Bien sûr je pourrais décrire avec quelle génie Guy Gérard Noël signe son plus beau dessin et réalise une composition parfaite en tous points.

Je ne manquerai pas non plus d’étudier le choix et l’harmonie des couleurs mises au service des émotions suscitées par cette porte ouverte sur l’univers irrésistible du célèbre Comte.

Il y aurait aussi tant à dire sur les prouesses visuelles ainsi que sur les symboles du cinéma fantastique tous réunis en une seule oeuvre jusqu’à l’évocation quasi mystique des forces fondatrices du genre.

Mais la plus grande révérence que je puis exécuter face à l’immense beauté de ce chef d’oeuvre, est tout simplement d’effacer les mots et de laisser votre regard croiser celui de Dracula en personne, avant d’oser franchir le seuil de votre imaginaire, à jamais marqué par cette scène d’anthologie.

En bas de ce monument, Christopher Lee, Peter Cushing, Michael Gough, Melissa Stribling et Miles Malleson gravent dans le marbre leur nom au générique de nos rêves et cauchemars fantastiques les plus ardents et effrayants.