Affiche française

Affiche française

Chut, chut, chère Charlotte

1715

Réalisé par Robert Aldrich (1964). Toutes les informations sur ce film sur imdb

L’ambiance ténébreuse et électrique de cette affiche plonge le spectateur au cœur de ce thriller mystérieux et sombre.

Cette composition signée par Boris Grinsson, met en scène l’apparition d’une jeune femme en robe de soirée face à un homme qui nous tourne le dos. Les deux personnages sont en contre-jour, positionnés au centre de l’affiche et se détachent sur un fond rouge sang irrégulier sur les bords, qui se termine en gouttelettes étirées.

Les visages des deux stars féminines Bette Davis et Olivia de Havilland surplombent la scène et suscitent une curiosité inquiétante au croisement notamment du regard troublant de Mme Davis. Derrière elles, se déchainent les éléments naturels dans un ciel où les nuages noirs comme la nuit, défient les nuages blancs déchirés par des éclairs ,et annoncent une période de troubles.

Le dernier élément anxiogène est la main flottante à droite qui semble lancer la foudre telle une malédiction, à l’encontre des héroïnes.

La distribution de ce film qui compte Joseph Cotten, Agnes Moorehead, Cecil Kellaway, William Campbell, Victor Buono et Mary Astor, fait apparaître aussi une faute de frappe pour l’anecdote dans la recopie du même nom Henry Farrell comme scénariste et d’après une histoire de, avec un seul « r » dans la première apparition.

La maison du diable

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Réalisé par Robert Wise (1963). Toutes les informations sur ce film sur imdb

Le frisson ne peut que saisir jusqu’au plus profond de son être le spectateur dont le regard innocent se pose sur cette affiche extraordinaire, signée par le maître Roger Soubie.

En effet, l’œil du visiteur est en premier attiré par le visage pure et effrayé de la jeune femme au premier plan, qui fixe avec insistance le danger qui la guette. De la posture de sa tête jusqu’aux détails du dessin de ses yeux et de sa bouche, tous les éléments concourent à traduire la terreur qui paralyse ce personnage et donnent le ton de ce film célèbre réalisé par l’immense Robert Wise.

L’horreur redoutée par la belle, et qui capte toute son attention s’insère judicieusement dans la composition de cette affiche à l’autre bout de son regard. Une main de squelette semble descendre du ciel et pointe l’index de façon menaçante vers sa future victime, en proie désormais à la folie.

Le troisième élément qui capte enfin l’attention, est le décor majestueusement froid et torturé en arrière plan. La demeure, personnage principal du film, est représentée tel un château gothique fait de tours élancées effrayantes et froides, et se dresse au milieu d’une forêt d’arbres décharnés dont les branches frêles et maladives, donnent l’illusion d’une marée informe de mains déformées par la maigreur et le dessèchement, qui s’élèvent plaintivement vers le ciel. Cette vision fantomatique est renforcée par la quasi trichromie de l’affiche, qui emprunte ses effets de formes et de lumière au noir et blanc ainsi que l’impression générale de mort glaciale et de folie, à son bleu profond glacial et inquiétant.

Les principales clés de ce classique du film d’épouvante sont en place, il reste à pousser la porte du cinéma pour entrer, si le spectateur l’ose, dans l’univers fantasmagorique de la maison du diable avec Julie Harris, Claire Bloom, Richard Johnson, Russ Tamblyn et Lois Maxwell (connue en particulier pour son rôle de Miss Moneypenny dans James Bond).

L’impasse aux violences

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Réalisé par John Gilling (1960). Toutes les informations sur ce film sur imdb

Cette affiche impressionnante, lovée dans une ambiance victorienne nocturne, est signée par l’immense Constantin Belinsky dans son plus pur style à l’efficacité légendaire…

Même si le scénario se déroule dans les années précédentes à la période stricte Victorienne, 1828, on retrouve dans cette illustration plusieurs symboles qui permettent aux visiteurs de situer l’action dans l’Histoire :

  • les chapeaux hauts-de-forme
  • les manteaux et les capes noires accompagnés de gilets colorés
  • la lumière urbaine jaunâtre distribuée par des lampadaires du réseau moderne au gaz de ville, autrement appelés Gaslight, typique de cette époque

La superbe composition très dynamique est basée sur un effet de spirale qui tourne depuis le personnage star central joué par Peter Cushing vers l’extérieur. L’œil presque entièrement fermé du visage du Dr. Robert Knox suscite par cette déformation visuelle, un sentiment de malaise naissant.

Les scènettes représentées autour, font monter crescendo l’ambiance d’épouvante de l’affiche :

  • en commençant par à droite, l’homme en costume retenu par le bras dans la rue par une jeune femme aux cheveux rouges
  • puis la même héroïne bloquée par un homme qui lui obstrue la bouche avec sa main, pour l’empêcher de crier; on lit d’ailleurs la terreur dans ses yeux bleus profonds qui répond au visage effrayant de son agresseur
  • enfin en arrière plan, deux voleurs attaquent un homme dans la rue dont l’un d’entre eux brandit une matraque, qui va soumettre à leur volonté, la vie de leur malheureuse victime

Les couleurs vives caractéristiques de l’affichiste, portent la touche finale de violence et de gravité nécessaire à susciter l’envie du spectateur de plus de 18 ans, d’entrer suivre les aventures de l’impasse aux violences avec June Laverick, Donald Pleasence, Dermot Walsh, Renée Houston, George Rose, Billie Whitelaw, John Cairney et Melvyn Hayes.

Le secret de l’île sanglante

1893

Réalisé par Quentin Lawrence (1964). Toutes les informations sur ce film sur imdb

Cette affichette non signée, pour le moins verdoyante, nous entraîne dans l’histoire du secret de l’île sanglante !

Elle est composée d’un montage photos de différentes scènes, dont la thématique renseigne tout de suite le spectateur sur le genre militaire de ce film qui compte dans sa distribution : Jack Hedley, Barbara Shelley, Patrick Wymark, Michael Ripper et Charles Tingwell.

L’originalité de ce visuel nait de plusieurs détails remarquables :

  • les couleurs noir et blanc qui servent les photos, sont contrebalancées par la tonalité unique de vert qui omniprésente, suggère une agression oppressante mortelle
  • l’effet de profondeur apporté par le dessin de la route en perspective évoque un chemin d’aventures couvert d’embuches et de soldats 😉
  • enfin le titre qui s’écrit en perspective lui aussi sur la route que les deux acteurs doivent prendre pour entrer dans le scénario

Le fascinant capitaine Clegg

1914

Réalisé par Peter Graham Scott (1962). Toutes les informations sur ce film sur imdb

L’affichette réalisée par Sinolaré est dans l’esprit aussi troublante que le personnage du capitaine Clegg est fascinant et trouble.

En effet, l’affichiste compose son œuvre d’un montage photos qui est inclus dans un décor quasi surnaturel et flottant, représentation picturale de brumes basses et de l’intérieur d’une caverne stylisée et découpée dans une montagne.

Le duo de personnages interprétés par Peter Cushing et Yvonne Romain, sont présents au premier plan et installent par l’expression de leur visage, l’ambiance trouble et inquiétante qui se dégage de l’affiche. Au second plan, le personnage du muet entravé au poteau par des cordes de marine, arbore une expression désespérée et tragique face à son destin, expliqué au spectateur sur la pancarte au dessus qui proclame :

Ainsi périssent ceux qui trahissent le Capitaine Clegg

Pour servir cette ambiance enfumée et morbide, Sinolaré utilise massivement une couleur grise à la tonalité très froide, qui s’applique aussi bien aux portraits photos en noir et blanc des acteurs qu’aux volutes de brumes et l’intérieur de la caverne. Cette basse température chromatique tranche avec la couleur du titre et du logo 50ème anniversaire de la Universal qui se détache par un jaune vif.

Patrick Allen, Michael Ripper, David Lodge, Jack MacGowran, Derek Francis et Oliver Reed vont graviter dans cette histoire fascinante et mystérieuse autour du personnage énigmatique du Capitaine Clegg.

Le serment de Robin des Bois

1892

Réalisé par Terence Fisher (1960). Toutes les informations sur ce film sur imdb

La fièvre moyenâgeuse de l’épopée mythique de Robin des Bois s’empare de la Hammer, au travers de cette affichette non signée.

Le shérif de Nottingham sous les traits de Peter Cushing n’a qu’à bien se tenir. Robin des Bois, campé par Richard Greene, va faire tout ce qui est en son pouvoir pour contrecarrer ses plans et conquérir le cœur de la ravissante Marian, jouée par Sarah Branch.

La composition de l’affichette est un montage photos précisément incorporé sur un fond rouge vif uni. Robin des Bois à droite brandit fièrement son épée de justice et est entouré d’un fin liseré noir, peint de façon irrégulière pour donner un effet de profondeur et de mouvement brute à la scène. On retrouve ce même entourage noir dans le titre incrusté au centre de la composition, qui joue la carte du contraste traditionnel en arborant une police de caractères blanche.

Le montage des photos de scènes du film en arrière plan, est savamment inclus dans un motif que l’on peut imaginer être une ferrure d’ancienne porte, constitué de deux parties horizontales travaillées et symétriques verticalement. On y représente des scènes du film qui annoncent le rythme rempli d’action et d’intrigues médiévales du scénario du film, dans la lignée des grandes productions hollywoodiennes sur le même thème des années 1930s. Terence Fisher pour la firme anglaise, suit les codes inhérents à ce genre si populaire et n’oublie donc pas le port du collant so sexy de circonstance pour son casting masculin dont Oliver Reed, Nigel Green, Jack Gwillim et Derren Nesbitt se souviendront longtemps 😉

Opération jupons

Réalisé par Blake Edwards (1959). Toutes les informations sur ce film sur imdb

Pour la dernière affiche de l’année 2013, comment mieux finir qu’en présence d’un duo mythique d’acteurs Cary Grant et Tony Curtis, sous la direction d’un immense réalisateur Blake Edwards.

Constantin Belinsky signe cette composition simple et efficace, pour servir cette comédie américaine qui va plonger les deux stars dans les profondeurs d’un sous-marin au contact d’une faune bien éclectique.

Le message est très visuel et ne laisse pas de place aux élucubrations autres que vestimentaires, dans cette scène de remontée à la surface d’une sirène, sous les yeux médusés des deux compères figés comme des murènes.

La couleur bleu très présente dans ce visuel, symbolise les profondeurs de l’océan alors que la tonalité orangée donnée au rose de la couleur de peau, focalise l’attention du spectateur sur un triptyque formé par les deux visages des acteurs et les jambes de l’actrice, qui grimpe élégamment à l’échelle en talons aiguille.

Le reste de l’équipage qui va participer à cette étrange et prometteuse mission, est composée d’Arthur O’Connell, Joan O’Brien, Dina Merrill, Gene Evans, Dick Sargent et Virginia Gregg.

Le mort récalcitrant

1855

Réalisé par George Marshall (1959). Toutes les informations sur ce film sur imdb

L’affichette non signée de cette comédie est un montage photos regroupant les acteurs principaux de ce film dont le titre original est The gazebo.

Bien sûr on retrouve dans cette composition, les éléments principaux de ce titre énigmatique aussi bien en français qu’en anglais :

  • le mort qui ne nous apparait pas du premier abord récalcitrant, mais c’est à venir 😉
  • l’oiseau qui fait référence à sa même apparition dans la grande affiche et qui évoque le côté bucolique du fameux pavillon de jardin, Gazebo en anglais, dont l’histoire semble virevolter autour
  • des personnages qui semblent chercher quelque chose ou quelqu’un, avec pour l’un, un casque de mineur, avec pour l’autre une lampe torche
  • l’actrice principale qui se cache derrière le titre sur fond bleu faisant office de porte d’entrée

Outre les deux acteurs principaux Glenn Ford et Debbie Reynolds de la distribution mis en avant en haut de l’affichette, Carl Reiner, John McGiver et Martin Landau vont prêter main forte pour essayer de démêler cette histoire policière mystérieuse.

Le miroir aux alouettes

1773

Réalisé par Vittorio Sala (1959). Toutes les informations sur ce film sur imdb

Cette affichette signée par Publicité J. Fourastié est une composition qui mélange des photos avec une partie dessinée.

Ainsi le fond de l’affiche représente en peinture un paysage balnéaire, qui donne la part belle à des bateaux blancs qui voguent sur la grande bleue. Des créatures de rêves en maillots de bain fin 1950 😉 se pavanent en photo noire et blanche, sur un ponton de bord de mer.

Trois autres personnages sont représentés en montage photos au premier plan, dont un très beau portrait d’un homme à la casquette, qui toise le spectateur avec une cigarette au bec. Le duo torride qui occupe la partie basse de l’affichette est allongé sur des serviettes et sont en train de se sécher au soleil, après très certainement un bain intense qui est trahi par la posture collée serrée et les expressions des visages des deux protagonistes.

La distribution de cette comédie franco-italienne compte notamment Alberto Sordi, Rita Gam, Elsa Martinelli, Lorella De Luca, Giorgia Moll et Georges Marchal.

Courte-tête

1457

Réalisé par Norbert Carbonnaux (1956). Toutes les informations sur ce film sur imdb

L’affiche 4 panneaux de ce film est signée par le même affichiste que la simple panneau : Allard.

La composition de cette affiche géante est très proche de la grande affiche et on retrouve des différences en particulier sur des détails du dessin.

Tout d’abord deux visages sont ajoutés au groupe de compétiteurs sur la droite, ceux de Micheline Dax et Darry Cowl qui succèdent aux portraits de Fernand Gravey, Jean Richard, Jacques Duby et Louis de Funès.

Le dessin de la statue avec la corne d’abondance est dessiné en blanc ce qui reprend les contours du personnage mais diffère sur les couleurs de remplissage. La foule derrière les barrières est elle aussi dessinée plus finement.

Le panneau rouge est identique mais le panneau des gagnants présente une différence notable matérialisée par l’ajout des mots « avec » et « et » entre les trois derniers acteurs.

Enfin, si la mention « Grand prix du rire » qui fait une fois de plus référence au monde des courses hippiques, il n’en est pas de même avec le titre Courte-tête qui est écrit de pleins et de déliés en noir sur l’affiche quatre panneaux, alors qu’il est en majuscule en rouge sur fond blanc dans la grande affiche.

Courte-tête

1874

Réalisé par Norbert Carbonnaux (1956). Toutes les informations sur ce film sur imdb

L’affiche hippique du film Courte-tête est signée par Allard.

La thématique de la course de chevaux est aussi bien au cœur de la composition que dans le choix des couleurs et des symboles représentés.

Tout d’abord, les quatre visages des acteurs sont dessinés avec un effet de mouvement, qui les fait ressembler à des chevaux qui avancent leur têtes pour franchir en premier la ligne d’arrivée. Ces compétiteurs courent après une jeune femme de couleur blanche-statue, montée sur un piédestal en forme de roue ailée, qui sème derrière elle des billets de banque qui s’échappent d’une corne d’abondance. Ce symbole est bien sûr la compétition qui nait de l’appât du gain matérialisé par l’argent, but des quatre joueurs.

L’arrière plan est occupé par les supporters et parieurs de la course, qui se pressent derrière les barrières qui les séparent de la piste de couleur verte gazon. Un panneau signalétique rouge matérialise la ligne d’arrivée de l’évènement au pied d’un grand panneau d’affichage qui annonce les gagnants devenus sur cette affiche de film, les acteurs principaux :

  • Fernand Gravey
  • Micheline Dax
  • Jean Richard
  • Jacques Duby
  • Darry Cowl
  • Louis de Funès

Phffft!

1442

Réalisé par Mark Robson (1954). Toutes les informations sur ce film sur imdb

L’affiche de cette comédie romantique au nom particulièrement original, est signée par J.M qui emprunte des symboliques de deux genres, pour renseigner le spectateur sur ce qu’il trouvera dans l’histoire du film.

En effet, la situation de mise à la porte d’une Judy Holliday piquée dans son égo, par un Jack Lemmon décidé et ferme, suscite un sourire notamment dans les attitudes exagérées et caricaturales représentées.Les yeux fermés de l’actrice et son regard, clos vers le ciel ;-), sont accompagnés par une démarche proche du pas militaire et contrastent avec la féminité apparente de son élégante posture, perchée sur des chaussures à talons bleues. Jack Lemmon montre le chemin du dehors en ouvrant la porte avec une attitude tellement décidée, qu’il en soulève dans le même mouvement, ses gros orteils comme pour appuyer sa détermination.

Un autre élément qui s’interprète en deuxième lecture, concerne les habits des deux protagonistes. Monsieur porte un pantalon de type décontracté, voir pyjama, qui est de la même couleur et avec les mêmes pois bleus, que le haut, dont la transparence est clairement suggérée ;-), porté par Madame. La signification apparait clairement lorsque l’on s’aperçoit que Monsieur ne porte pas de haut et Madame pas de bas. Alors on en déduit que le même habit est partagé par les deux amants. La précision sur le type d’habillement, soit le pyjama, est apporté par la brosse à dent portée par Judy Holliday, qui est vraisemblablement le reliquat de l’action qu’elle devait effectuer avant le différent qui la mène maintenant à devoir partir précipitamment sous l’interjection tout à fait claire lancée par Jack Lemmon : Phffft.

Outre la scène de ménage se déroulant sous nos yeux, deux autres personnages nous renseignent sur le caractère romantique du film. Les anges sont chacun attachés à un personnage, l’un pour parler en cachette à Madame et l’autre du côté de la porte, pour manifester l’impuissance de Monsieur à pouvoir prendre une autre décision que celle-ci et qui pourrait se verbaliser en regardant vers le ciel, par « C’est comme ça on y peut rien! ».

Enfin, la nuit étoilée au dehors est lacérée par un éclair rose, qui symbolise aussi bien le déchirement amoureux que le caractère houleux de la situation, qui aura besoin de Jack Carson et de Kim Novak pour se dénouer dans de meilleures conditions jusqu’au happy end traditionnel.